Le nouvel accord, négocié au nom des 28 par la Commission avec les États-Unis et les principaux fournisseurs étrangers de bœuf, prévoit que jusqu’à 35 000 tonnes du quota soit réservées aux États-Unis. Il prendra forme graduellement, sur sept ans, en commençant par 18 500 tonnes la première année, a précisé une source à la Commission. Le reste du quota sera laissé aux autres pays qui exportent vers l’UE : l’Uruguay, l’Australie et l’Argentine.

Le commissaire européen à l’Agriculture, Phil Hogan, a assuré que l’accord n’allait « pas changer le volume total, la qualité ou la sécurité du bœuf importé dans l’UE, qui va rester en conformité avec les standards élevés de l’Europe ».

Accord historique pour les uns, arnaque pour les autres

Cet accord de principe est pour l’UE un signe de bonne volonté envers le président américain Donald Trump, une façon de « réaffirmer son engagement à susciter une nouvelle phase dans les relations avec les États-Unis », souligne Phil Hogan dans un communiqué.

« Avec le succès de ces négociations, la Commission a tenu ses promesses sur un sujet très important avec un partenaire commercial majeur, avec qui nous sommes engagés dans des discussions commerciales plus larges », affirme M. Hogan.

La FNB (Fédération nationale bovine), quant à elle, ne voit aucune raison de se réjouir de cet accord. Bruno Dufayet, son président, exige une position ferme de la France lors du prochain conseil européen. « Bruxelles ne peut avancer contre les éleveurs et l’État, en concluant, aveuglément, des accords commerciaux avec des pays ne respectant ni les engagements internationaux, ni nos standards européens de production de viande bovine ! », s’est indigné le président dans un communiqué. Même colère du côté de l’interprofession : « Bruxelles doit cesser de brader notre secteur », s’est exclamé Dominique Langlois, président d’Interbev, par voie de communiqué.

Une vieille querelle

La querelle sur le bœuf aux hormones remonte à 1988, quand l’Europe a interdit l’importation de viande bovine issue d’animaux auxquels ont été administrées des hormones de croissance.

En représailles, et en accord avec une décision de l’OMC, les États-Unis avaient imposé en 1999 des sanctions douanières sur certains produits du terroir, provoquant notamment de vives protestations en France et le « démontage » d’un restaurant McDonald’s à Millau, dans le Sud-Ouest.

Aux termes d’un compromis en 2009 (amendé en 2014), les États-Unis avaient finalement levé leurs sanctions et l’UE avait ouvert un quota d’importation de bœuf étranger « de haute qualité », incluant le bœuf américain, tout en maintenant son veto sur le bœuf aux hormones.

Mais ce quota a été utilisé jusque-là par d’autres pays producteurs de bœuf, ce qui a conduit à la fin de 2016 l’administration Obama à menacer l’UE de rétablir les droits de douane de 1999.

La renégociation de ce mémorandum permet aux États-Unis de se voir garantir une part du quota.

Avec L’AFP